....! BIENVENUE !...

Si vous êtes ici, c’est que vous avez entendu parler de notre projet : une aventure à vélo dans le sud du Québec, à la rencontre des ses habitants, de ses caractères qui peuvent passer
inaperçus aux visiteurs un peu pressés. Vous trouverez le récit de notre aventure et bien d’autres thèmes : la Géographie, le matériel, la préparation du voyage, les Québécois, le travail
réalisé au retour… bref, tout le projet ! Vous pouvez vous reporter au sommaire où tous les articles sont référencés.
!!! Bon voyage !!!
Enfin de retour à Montréal, de retour à la maison si j’ose dire… Sœur Suzanne est contente de nous revoir en un seul morceau et en pleine forme après six semaines de voyage. Nous rangeons nos vélos dans le garage, mais il est désormais impossible pour nous de rester le nez en l’air à nous tourner les pouces ! nous déchargeons nos affaires, les trions entre ce qui est à passer à la machine à laver (c’est-à-dire quasiment tout), ce que nous amenons à Toronto, etc… (le soir de notre retour, Sœur Suzanne nous a emmenées dans le parc du Mont Royal qui offre une vue superbe sur Montréal ; la photo est ratée, mais je trouve que ça donne un côté impressionniste assez sympa !) (oui : dans le parc du Mont Royal, on peut rencontrer d’autres autochtones !) Nous avons quatre jours devant nous, et beaucoup de choses à faire ! d’abord, aller faire un tour à la Cordée (le magasin) : il est temps de nous séparer de la remorque ! Est-ce utile de vous faire part de notre petit chagrin ? Cet objet restera gravé dans nos mémoires comme un compagnon de route hors normes ! L’un des mécaniciens nous la rachète moitié prix à quelques dollars près, et nous fait cadeau d’une révision technique . Et en rentrant, nous voici confrontées à l’épreuve tant attendue du démontage des vélos ! Il a fallu emmener celui de Sibylle chez un garagiste grec du quartier pour remédier aux pédales résistantes.
Mercredi 06 septembre, nous prévoyons de passer l’après-midi en compagnie de Geneviève, la fille d’amis des parents de Sibylle. Ayant travaillé longtemps au Canada dans les services sociaux, c’est elle qui conseilla à Sib de ne pas aller nous aventurer plus au nord dans les communautés un peu renfermées
Geneviève nous a fait découvrir la vielle ville de Montréal, le quartier des affaires, et les différentes architectures qui s'y cotoient, signes de l’histoire mêlée des francophones et anglophones du Nouveau Monde : savez-vous que Montréal se « divise » globalement en deux grandes parties ? l’ouest majoritairement d’influence anglophone, et l’est francophone…cette « ségragation urbaine » n’est pas clairement délimitée, la différence se fait juste ressentir avec la langue que l’on entend, les styles d’architectures, la toponymie, le présence d’une université anglophone et d’une autre francophone, etc. De plus, le paysage de l’ouest « anglais » est plus marqué par les grands immeubles, alors que l’est se caractérise par des quartiers plus résidentiels… (pour vous donner un aperçu de l’architecture anglophone dans le centre)
(la place de l’hôtel de ville, dans le vieux Montréal, aux allures de ville européenne) (la rue à côté de chez « nous » ; au fond, c’est le quartier universitaire francophone)
Vendredi matin, nous prenons le métro qui débouche directement à la station centrale des bus : notre Coach Canada nous attend sagement sur le quai, et nous sommes suffisamment en avance pour nous installer à l’avant, histoire de profiter pleinement de la vue pendant le voyage. Dans six heures nous serons arrivées dans le monde fabuleux des Canadiens anglophones !
Sinon, nous avons marché le long de la promenade du port qui borde le vieux Montréal, avant que Geneviève nous quitte devant le petit Chinatown, faute d’un emploi du temps chargé…je remecie notre guide du moment pour le temps qu’elle nous accorda, et pour ses nombreuses explications…
(en route pour Toronto !)
Voyager, c’est communiquer. Et, bien que le Québec soit francophone, le parler local a particulièrement contribué à notre dépaysement… Vous connaissez sans doute les expressions les plus répandues (un « char », une « blonde »,« Frânchement »… « tabernacle » !), mais je doute que vous sachiez les mots les plus répandus…à moins que vous ayez séjourné chez nos cousins outre-Atlantique, et dans ce cas, je vous propose de compléter cet article par ce que vous avez eu l’occasion d’éntendre.
Certaines expressions issues de l’ancien français ont perduré, je vous donne l’exemple le plus présent dans le quotidien québécois : un français organise ses repas en petit déjeuner, déjeuner et dîner (ou souper), alors qu’un Québécois connaît l’ordre de déjeuner, dîner, souper. Il fallait toujours que nous précisions dans les conversations de quel repas il s’agissait, tant pour nos interlocuteurs locaux que pour nous-mêmes !
L’anglais dans la langue québécoise :Nous nous sommes rendues compte à force d’écouter nos hôtes que la langue québécoise est le fruit du mariage entre l’ancien français, celui des colons, et la langue des voisins du sud et de l’ouest de la province : l’anglais. Ce qui est amusant, c’est que la grande majorité des Québécois revendiquent la défense de leur langue chérie (notamment sur les panneaux « arrêt » du code de la route), et s’inquiètent de la présence croissante d’anglicismes en France : d’après eux, il est étonnant que des Français utilisent les mots de «parking »(«parc de stationnement » en québécois), ou de «shopping » (« magasinage »)… pourtant, ils ne se privent pas d’employer à tout bout de champ un mot anglais, par exemple :
- Montre-moi ta map (ta carte)
- c’est le fun !
- bonne run !
- vous faites une sacrée ride ! (rando)
- vous avez vos sleeping-bags ?
…j’en passe… et j’ai la nette impression que les québécois ont la chance de pouvoir disposer librement des deux langues pour s’exprimer ! Dans le même genre, j’ai appris quelques noms par des amis de Montréal, utilisés plus fréquemment qu’en français (merci Francis) :
- muffler : pôt d’échappement
- bumper : pare-choc
- dash : tableau de bord
- windchill : pare-brise
- brake à bras (de « brake » : frein) : frein à main.
Les expressions les plus courantes :
C’est simple : même nous, à force de les entendre, nous les utilisons !
A tantôt : à plus tard
C’est correct : celle-là, nous ne sommes pas prètes de l’oublier !
C’est beau (c’est bien)
Ça n’a pas d’allure, ça n’a pas de bon sens
Jaser : converser
J’ai gâché votre affaire ?: je vous ai gêné ?
Se chicaner : se disputer
Vous êtes bonnes : en référence au parcours en vélo.
Etre dans la misère : dans une sale situation.
Bonjour, bienvenue : c’est ce que l’on nous répond lorsque nous disons : « au revoir, merci » !
C’est de tout beauté
A beutôt (bientôt)
Etre mal prise : les personnes que nous rencontrions voulaient nous laisser leurs coordonnées au cas où nous soyons « mal prises ».
Côté pratique, et plus largement
Lumière : c’est le feu rouge…..pas le réverbère ! alors attention quant on vous indique de tourner à droite après la troisième lumière !
Bicycle : le mot « vélo » n’est quasiment jamais employé.
Bicycle à gaz : une moto
Charrue : châsse-neige
Camion à flèche : nacelle
Char : voiture.
barrer : verrouiller
Les bibites (sales petites bêtes), les maringouins…
Saut de pouce (ou voyager sur le pouce) : faire du stop.
Avoir de l’ampleur : être gros.
Déplacer de l’air : pour désigner la présence d’une personne, mais aussi tout simplement pour montrer la force créée par les gros camions, et qui manquait de peu de nous faire perdre l’équilibre.
Sirop de poteau : vous la connaissez, c’est le mauvais sirop d’érable.
Rôties : ce sont les toasts du petit déjeuner.
blonde, chum, douce : p’tit(e) ami(e)
chum : désigne plus généralement les potes, les copains.
Boisson : alcool
Bec : bisou
Centre d’interprétation : un petit musée
Dollarama : concept génial du bazar où tout est vendu à un dollar.
Etablissement licencié (permis de vente d’alcool)
Frais virés : PCV, charges renversées
Liqueur douce : boisson gazeuse sans alcool
Débarbouillette : gant de toilette (sauf que là-bas, c’est une petite serviette)
Salle de bains : WC
Vente : solde
Vente de garage : vide-grenier
Poser : photographier
Dormir dans la chaleur : être au chaud
Une brassière (soutien-gorge)
Vraiment recherché…
Passer la nuit sur la corde à linge : mal dormir
Tire-toi une bûche : prends une chaise (et installe-toi parmi nous !)
Attache ta tuque avec ta broche , ça va brosser : fixe ton chapeau, il va y avoir du vent.
Chauffer dans la noirceur : conduire de nuit
Il pleuvait à boire debout. Il pleuvait des clous. Il pleut à seaux : beaucoup !
Y passer dans l’hiver : mourir
Plus familier
Tabernouche, taberouët : « tabernacle » (oups ! excusez-moi) est un très très très vilain mot ! alors on utilise ses dérivées pour adoucir un peu, histoire de ne pas choquer les oreilles sensibles, et d’éviter de donner le mauvais exemple à la jeune génération !
C’est pissant (hilarant)
Niaiseuse : c’est pareil qu’en français, sauf qu’on l’utilise beaucoup plus !
Chialeuse : râleuse.
Un twit, un deux de pic, un deux watts, un cave, un épais : un idiot.
Ça se magane (dispute, devient difficile)
ya de la chicane (des disputes)
Se prendre une brosse, virer une brosse : se prendre une baffe !
Un cotton watté : un pull.
Charrue (châsse-neige) : c'est une injure aussi!
Ton chien est mort : laisse tomber
Un chien sale : un crade
Un méchant pétard : un beau gosse
Un pêteux de brou, Il va pêter dans les fleurs: un snob
Au Nouveau-Brunswick : nous en avons appris d’autres ! et apparemment, les habitants du N-B sont difficiles à comprendre non seulement à cause de leurs expressions, mais surtout du fait de leur accent très prononcé. Notamment :
espére-moué dans le coin : attends-moi là.
Le lendemain,
la pluie s’est mise à tomber de plus en plus fort… nous devions choisir entre partir malgré le temps (il nous aurait fallu des palmes!), ou rester une nuit de plus sous la basilique à attendre
que ça se calme et arriver directement à Montréal ensuite…
Nous sommes donc restées, profitant des rares éclaircies pour aller faire quelques courses.
Quand nous avons retracé la galerie sous-terraine pour remettre les matelas d’où ils avaient été pris, nous avons constaté la présence de tombes dans les murs, datant du début du XIXè siècle…
Nous n’étions pas seules lors de ce séjour, mais certainement entourées d’esprits bienveillants !
Les 12 km jusqu'à Boucherville furent parcourus facilement par la piste cyclable. C’est après que le trajet fut plus amusant : l’essentiel de axes qui atteignent Montréal sont
de larges routes interdites aux vélos (et puis même si c’était autorisé, nous n’y aurions jamais pédalé !).
(sur cette photo prise de la passerelle, vous pouvez voir à droite de la route la piste qui commence, et que nous emprunterons jusqu’à Montréal. Au fond, on distingue le pont Jacques Cartier)
L’épreuve suivante fut de demander aux rares passantsla direction du pont Jacques Cartier (déjà qu’il n’y a pas beaucoup de piétons au Québec, mais la météo n’arrangeait pas les choses).
Après cela, les loeux n'ont plus de secret pour nous!
(plus qu’un pont à traverser !)
En ce jour férié pour les Qubécois, Fête du Travail oblige, nous avons pique-niqué
dans le parc Desjardins au risque de nous faire dépouiller par les écureils, avant de nous perdre exactement comme il y a deux mois dans la petite Italie, et de rejoindre enfin la
maison où Suzanne nous attendait. Là ja me sentis vraiment soulagée, bien qu’un peu triste... Nous l'avons fait ce tour à vélo... et c'est fini!
(de la rive Sud, on voit très bien le stade olympique et la tour penchée construits pour les jeux de 1976)
La piste cyclable fut perdue puis retrouvée au milieu d’un quartier résidentiel. C’est alors qu’une épreuve de patience s'imposa: pour traverser la grande route, aux allures
de périphérique Parisien, nous n’avions pas d’autre choix que d’emprunter une grande passerelle entourée d’escaliers, l’équivalent de deux-trois
étages, aménagée d’une fine rampe pour que les cyclistes puissent faire « rouler » leur vélo en montant. La théorie d’une bicyclette légere ne supportant que son propre poids avait été
le fondement de l'aménagement. Pour mener à bien cette opération, nous avons détaché la remorque et réalisé trois allers-retours. Aussi simple que ça !




