Lors de notre halte à
Champlain, juste avant Trois-Rivières en partant de Québec, Sibylle et moi avons pu planter la tente dans le jardin de l’épicière, en face de son commerce (c’est bien pratique !).
Bref, pour nous laver, nous allions aux toilettes de l’arrière-boutique, placés derrière le rayon DVD et vidéo du magasin. Nous avons eu l’occasion de nous pencher un peu sur les films que l’on
peut trouver au Québec : des productions locales dont nous, Français, n’avons jamais entendu parler, mais aussi et surtout les superproductions hollywoodiennes, omniprésentes… Le plus
marquant, c’est que la majorité des titres originaux sont traduits en « français-québécois », sans aucun doute en conséquence de cette loi sur la protection de la langue, pour
éviter tant bien que mal une américanisation de l’expression orale, alors que nous du « vieux » continent, gardons sans même y faire attention, beaucoup de titres originaux…
Au-delà de ces traductions parfois assez amusantes, ce qui me frappe le plus, c’est que je n’aurais jamais pensé à transformer ces noms !
Un seul regret : ne pas avoir ramené quelques DVDs dans mes bagages, certes made in Hollywood, mais surtout doublés à la
québécoise !





Nous observons
tout ! Et côté pratique, impossible d’oublier les routes ! Voici un petit aperçu des voies de circulation québécoises…
Le
piéton
Déjà, notre point de vue était particulier, entre l'automobiliste et de piéton ; ces
derniers sont vraiment très rares au Québec et, en dehors des centres-villes, nous n’avons quasiment pas vu de promeneurs. L’explication est simple : l’espace! Les commerces sont éloignés
les uns des autres, les populations se sont installées de façon presque homogène à travers ce territoire, le meilleur moyen pour se déplacer reste la voiture, d’autant plus qu’on peut la garer
facilement ! Il est vrai que pour un piéton, la vie n’est pas si simple au Québec… pour vous donner un exemple, nous devions marcher une heure au moins entre le centre de Québec et l’endroit
où nous dormions qui semblait proche de ce centre d’après les cartes consultées.
Conséquence directe du monopole de la voiture : un piéton
doit attendre LONGTEMPS avant de pouvoir traverser une route ! A Sherbrooke, je n’exagère pas en vous affirmant que nous attendions déséspérément pendant de longues minutes que le
bonhomme s'allume. En plus, le malheureux piéton est soumis au décompte des secondes (parfois mises en valeur par un « bip-bip » oppressant)! Ce temps est calculé pour une personne à
mobilité normale, mais j’ose à peine imaginer la difficulté des sujets moins vigoureux… d’ailleurs je ne crois pas en avoir aperçu beaucoup… Néanmoins, voyons le bon côté des choses : le
Québec et le reste du Canada sont le paradis des grosses voitures !
Le code
Notre premier jour à vélo, dans le centre de Montréal fut consacré à un entraînement intensif pour savoir s’arrêter au feu rouge avant le carrefour : le feu est placé en face
de nous après l’intersection concernée alors qu’en France, nous nous stoppons au niveau du feu.
Ensuite, la priorité à droite n’existe pas, c’est
André, le policier de Granby qui nous en a parlé : c’est la première voiture qui arrive à l’intersection qui passe ! Je sais, ce serait du suicide si l’on imposait un code
semblable en France, chacun s'acharnant à arriver en premier, tous toujours pressés, mais au Québec, les voitures ralentissent presque jusqu’à l’arrêt comme pour un « cédez le
passage », et laissent passer celle qui arrive avant. En général, il n’y a pas d’accident ni de bagarre… Là, je tire ma révérence aux Québécois !
Les panneaux amusants
Je vous ai déjà parlé du magnifique panneau « Arrêt » qui remplace
notre « stop » national, mais connaissez-vous tous ceux qui concernent le froid ou les motoneiges ? Nous en avons retenu quelques-uns, et nous regrettons depuis notre retour de ne
pas les avoir tous photographiés !

Les autres moyens de transports
Vous vous doutez bien qu’il n’y a
pas que des voitures ou des voyageurs à vélo au Québec. Nous notons par exemple, le nombre incroyable de groupes de voyageurs en moto ! Ce sont souvent des bandes d’amis faisant gronder les moteurs de leur Harley Davidson munie de sacoches en cuir clouté en guise de bagages, qui
partent à travers la province.
Autre façon : le grand mobile-home : ce sont des camping-cars améliorés à l’apparence d’autocar de luxe, voire de wagon selon la taille…vu la taille, je suis persuadée que leurs propriétaires ne se permettent pas d’explorer hors des larges sentiers battus ! Ces bus-maisons semblent encore plus encombrants que les maisons mêmes, et je ne partage pas vraiment cet esprit du voyage. Peut-être que je me trompe et dans ce cas, j’accepte volontiers qu’un adepte du camping-car vienne me convaincre des intérêts de cette culture… Sinon, il existe tout un éventail de camping-cars, roulottes et caravanes de tailles variées, du strict nécessaire à l'appartement amélioré comme je viens de l’évoquer. Il y en a pour tous les goûts et tous les besoins ! C’est simple : c’est si répandu que lorsque nous avions campé à Rougemont, nous étions la seule tente !
Enfin, j’évoque l’incontournable motoneige ou Skidoo, bien utile en plein
hiver. Le skydoo fait partie intégrante des symboles de la culture québécoise, il représente même un attrait touristique majeur ! Il peut être employé pour des transport quotidien,
mais aussi pour réaliser des périples de plusieurs centaines de kilomètres à travers le Québec, comme nous l’a montré Pierre, le maraicher de Verchères, qui organise au sein de son association
des voyages en motoneige de plusieurs semaines.
Pour
en savoir un peu plus sur les principes de la route
québécoise et sur la signalisation….
Voyager, c’est communiquer. Et, bien que le Québec soit francophone, le parler local a particulièrement contribué à notre dépaysement… Vous connaissez sans doute les expressions les plus répandues (un « char », une « blonde »,« Frânchement »… « tabernacle » !), mais je doute que vous sachiez les mots les plus répandus…à moins que vous ayez séjourné chez nos cousins outre-Atlantique, et dans ce cas, je vous propose de compléter cet article par ce que vous avez eu l’occasion d’éntendre.
Certaines expressions issues de l’ancien français ont perduré, je vous donne l’exemple le plus présent dans le quotidien québécois : un français organise ses repas en petit déjeuner, déjeuner et dîner (ou souper), alors qu’un Québécois connaît l’ordre de déjeuner, dîner, souper. Il fallait toujours que nous précisions dans les conversations de quel repas il s’agissait, tant pour nos interlocuteurs locaux que pour nous-mêmes !
L’anglais dans la langue québécoise :Nous nous sommes rendues compte à force d’écouter nos hôtes que la langue québécoise est le fruit du mariage entre l’ancien français, celui des colons, et la langue des voisins du sud et de l’ouest de la province : l’anglais. Ce qui est amusant, c’est que la grande majorité des Québécois revendiquent la défense de leur langue chérie (notamment sur les panneaux « arrêt » du code de la route), et s’inquiètent de la présence croissante d’anglicismes en France : d’après eux, il est étonnant que des Français utilisent les mots de «parking »(«parc de stationnement » en québécois), ou de «shopping » (« magasinage »)… pourtant, ils ne se privent pas d’employer à tout bout de champ un mot anglais, par exemple :
- Montre-moi ta map (ta carte)
- c’est le fun !
- bonne run !
- vous faites une sacrée ride ! (rando)
- vous avez vos sleeping-bags ?
…j’en passe… et j’ai la nette impression que les québécois ont la chance de pouvoir disposer librement des deux langues pour s’exprimer ! Dans le même genre, j’ai appris quelques noms par des amis de Montréal, utilisés plus fréquemment qu’en français (merci Francis) :
- muffler : pôt d’échappement
- bumper : pare-choc
- dash : tableau de bord
- windchill : pare-brise
- brake à bras (de « brake » : frein) : frein à main.
Les expressions les plus courantes :
C’est simple : même nous, à force de les entendre, nous les utilisons !
A tantôt : à plus tard
C’est correct : celle-là, nous ne sommes pas prètes de l’oublier !
C’est beau (c’est bien)
Ça n’a pas d’allure, ça n’a pas de bon sens
Jaser : converser
J’ai gâché votre affaire ?: je vous ai gêné ?
Se chicaner : se disputer
Vous êtes bonnes : en référence au parcours en vélo.
Etre dans la misère : dans une sale situation.
Bonjour, bienvenue : c’est ce que l’on nous répond lorsque nous disons : « au revoir, merci » !
C’est de tout beauté
A beutôt (bientôt)
Etre mal prise : les personnes que nous rencontrions voulaient nous laisser leurs coordonnées au cas où nous soyons « mal prises ».
Côté pratique, et plus largement
Lumière : c’est le feu rouge…..pas le réverbère ! alors attention quant on vous indique de tourner à droite après la troisième lumière !
Bicycle : le mot « vélo » n’est quasiment jamais employé.
Bicycle à gaz : une moto
Charrue : châsse-neige
Camion à flèche : nacelle
Char : voiture.
barrer : verrouiller
Les bibites (sales petites bêtes), les maringouins…
Saut de pouce (ou voyager sur le pouce) : faire du stop.
Avoir de l’ampleur : être gros.
Déplacer de l’air : pour désigner la présence d’une personne, mais aussi tout simplement pour montrer la force créée par les gros camions, et qui manquait de peu de nous faire perdre l’équilibre.
Sirop de poteau : vous la connaissez, c’est le mauvais sirop d’érable.
Rôties : ce sont les toasts du petit déjeuner.
blonde, chum, douce : p’tit(e) ami(e)
chum : désigne plus généralement les potes, les copains.
Boisson : alcool
Bec : bisou
Centre d’interprétation : un petit musée
Dollarama : concept génial du bazar où tout est vendu à un dollar.
Etablissement licencié (permis de vente d’alcool)
Frais virés : PCV, charges renversées
Liqueur douce : boisson gazeuse sans alcool
Débarbouillette : gant de toilette (sauf que là-bas, c’est une petite serviette)
Salle de bains : WC
Vente : solde
Vente de garage : vide-grenier
Poser : photographier
Dormir dans la chaleur : être au chaud
Une brassière (soutien-gorge)
Vraiment recherché…
Passer la nuit sur la corde à linge : mal dormir
Tire-toi une bûche : prends une chaise (et installe-toi parmi nous !)
Attache ta tuque avec ta broche , ça va brosser : fixe ton chapeau, il va y avoir du vent.
Chauffer dans la noirceur : conduire de nuit
Il pleuvait à boire debout. Il pleuvait des clous. Il pleut à seaux : beaucoup !
Y passer dans l’hiver : mourir
Plus familier
Tabernouche, taberouët : « tabernacle » (oups ! excusez-moi) est un très très très vilain mot ! alors on utilise ses dérivées pour adoucir un peu, histoire de ne pas choquer les oreilles sensibles, et d’éviter de donner le mauvais exemple à la jeune génération !
C’est pissant (hilarant)
Niaiseuse : c’est pareil qu’en français, sauf qu’on l’utilise beaucoup plus !
Chialeuse : râleuse.
Un twit, un deux de pic, un deux watts, un cave, un épais : un idiot.
Ça se magane (dispute, devient difficile)
ya de la chicane (des disputes)
Se prendre une brosse, virer une brosse : se prendre une baffe !
Un cotton watté : un pull.
Charrue (châsse-neige) : c'est une injure aussi!
Ton chien est mort : laisse tomber
Un chien sale : un crade
Un méchant pétard : un beau gosse
Un pêteux de brou, Il va pêter dans les fleurs: un snob
Au Nouveau-Brunswick : nous en avons appris d’autres ! et apparemment, les habitants du N-B sont difficiles à comprendre non seulement à cause de leurs expressions, mais surtout du fait de leur accent très prononcé. Notamment :
espére-moué dans le coin : attends-moi là.




