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MERAKERALA

blog bilingue sur les cultures et la vie quotidienne du sud de l'Inde

 

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LES VOYAGES DE GEOTROTTER

 

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22 novembre 2006 3 22 /11 /novembre /2006 21:17

 Je l’avais peut-être déjà évoqué, mais les villes au Québec (et ailleurs en Amérique du Nord) sont très très très étalées !

            Pour vous donner une idée, la quasi-totalité de la population "citadine" a pris l’habitude de se déplacer en voiture pour la moindre course : ils vont à l’épicerie du coin, reprennent la voiture pour faire une autre course, et ainsi de suite… Rien n’est à proximité, comme dans nos centres-villes, où il suffit de garer sa voiture au parking (dispendieux la plupart du temps) pour aller chez le médecin, acheter un journal, du pain et le déjeuner… C’est tout bête, mais c’est dans ce mode de vie quotidien que l’on comprend que les Canadiens ont de l’espace, en usent et en abusent… il y a des bons et des mauvais côtés, comme partout : c’est rageant pour nous qui pâlissons à la vue du prix du moindre mètre-carré sur la Côte d’Azur, mais nous sommes, Dieu merci, beaucoup moins gourmands en essence… un véritable débat se dessine à l’horizon.

            Pour en revenir nos observations là-bas, dans ces villes où il fallait éviter d’oublier quelque chose à l’épicerie (nos moteurs, ce sont nos mollets !), je tenais à vous parler un peu du cas de Contrecoeur, assez à part…   

 

  

 

       Donc Contrecoeur nous a étonné, pourquoi ? Parce que son centre est assez dense, avec des commerces relativement nombreux et variés, de la première nécessité à la bibliothèque en passant par quelques restaurants (par contre, ils ne vendent pas beaucoup de fruits et légumes), tout en valorisant de nombreux parcs et jardins. Mais attention : je dis que le lieu est dense, oui comparé aux autres villes, car il n’y a pas un seul immeuble !

 

 (plan géométrique du centre de Contrecoeur)
            Et paradoxalement à cette concentration un peu plus prononcée qu’ailleurs au Québec, la municipalité de Contrecoeur nous rappelle un peu la configuration de l’Etat chilien à échelle locale ! Le territoire de la commune est étendu le long du fleuve et de la route principale (je n’ai pas trouvé le kilométrage exact, je dirais un vingtaine de mémoire de vélo), et ne s’enfonce guère dans les terres.

 

 

 (voici un plan de la municipalité de Contrecoeur……la carte précédente, celle du centre, c’était un agrandissement du rectangle, celui sous ce qui ressemble à un bateau… Alors, ça vous fait pas penser au Chili vous ? parce que moi si…)
            Le reste de la commune est comme ailleurs au Québec : des maisons espacées  et alignées de chaque côté de la 132. C’était le cas par exemple quand nous sommes parties de Québec : à Saint-Augustin-de-Desmaures, toutes les résidences donnaient directement sur la 138, aucune route secondaire ne s’en serait éloignée  pour mener à un éventuel quartier.

            Une hypothèse: cette organisation du territoire ne serait-elle pas simplement due aux contraintes climatiques de la province ? Car en hiver, les chasses-neige ne peuvent pas dégager tous les axes routiers, la population se trouve confrontée à un réseau de communications beaucoup moins dense…  

 

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 17:58

Il s’agit surtout d’une synthèse des observations faites depuis nos vélos ! Ne partez pas, c'est assez intéressant! Je vous autorise même à lire en diagonale...

Je précise pour les néophytes :

La toponymie, c’est l’étude des noms de lieux, leur origine culturelle, leur signification, etc., il peut s’agir du nom d’une ville, d’une région, d’un pays, d’un quartier ou d’une rue…enfin bref, c’est l’étude de la quasi-totalité des mots que l’on peut lire sur une carte routière.

         Si je vous en parle, c’est parce que la toponymie fait partie de cet immense domaine qu’est la géographie ! Je n’évoque ici que ce que nous avons remarqué, sinon on y passerait des heures.

Voici une carte que je me suis amusée à faire : c’est notre itinéraire, Montréal est au sud-ouest, et Québec au nord-est. Attention : tout l’itinéraire n’apparaît pas, l’île d’Orléans est coupée, ainsi que le sud, de Granby à Sherbrooke (désolée, je n’ai pas trouvé de meilleure carte, mais l’idée ressort quand même).

Je me suis amusée à surligner presque toutes les les villes en trois catégories, seulement par lecture de la carte (en rose, vert et rouge, l’itinéraire est en jaune)… bon, les noms ne sont pas lisibles mais tant pis, l’idée est là !

 

 

 à en vert : les noms à consonnace autochtone.Shawinigan par exemple, signifie « portage » ou « lieu où l’on porte », à cause de la présence des chutes qui obligeaient les indiens à porter leur embarcation pour aller pagayer plus loin. J’ai aussi surligné Odanak, Wolinak (cf l’article sur les autochtones au Québec), etc… Ce type de nom n’est pas très répandu, et on peut en noter la présence globalement à proximité du Saint-Laurent, sur les rivières qui s’y jettent, donc sur les « anciens » axes de communication (le kayak étant l’ancêtre de la voiture là-bas). 

à En rouge : Les noms à consonnance anglophone: Warwick, Windsor, Asbestos (« amiante » en anglais), Thetford Mines... J’ai mis dans cette catégorie les noms qui ont été francisés par la suite avec un « -ville », un «-nord » ou un « -sud », comme Bromptonville ou Ham-sud (ne cherchez pas sur la carte, c’est vraiment illisible). Ces noms sont plus répandus dans le sud et le sud-est de la province, et encore, vous ne pouvez pas voir le secteur de Magog et Sherbrooke mais je vous laisse deviner ce qu’il en est (avec Granby, Waterloo, Stukely…). Nous sommes tout simplement plus proches des Etats-Unis et du Nouveau Brunswick (à l’est), sur des territoires longtemps et majoritairement occupés par les colons anglais, retraçant ainsi leur histoire (Granby vient du nom d’un maréchal qui gagna ces terres) On pourrait même imaginer une ancienne frontière entre les espaces occupées par les anglais et les français…

à En rose : je garde le meilleur pour la fin…eh non ! ce ne sont pas tous les noms d’origine francophone, ou du moins pas tout-à-fait... Ce sont tous des « Saint-» quelque chose !!! incroyable ! Non seulement nous pouvons lire l’histoire de la province à travers la toponymie, mais aussi la religion dominante (et encore, je n’ai pas surligné les lieux commençant par « Notre-Dame-de-« ou d’autres du genre « L’Assomption », « l’Epiphanie », etc. ). Me croirez-vous si je vous déclare que le Québec est une province catholique ? Ces noms sont omniprésents sur le territoire québécois, et l’on assiste fréquemment à ce que j’appelle des hybrides, comme « Saint-Georges-de-Windsor » ou « Saint-Boniface-de-Shawinigan »…que dire de plus… 

       Pour les quelques noms que je n’ai pas surligné : ils sont francophones, avec ou nom une connotation religieuse, la plupart traduisent la spécificité du lieu (Grondines : parce que les fleuve gronde contre les rochers ; Pointe-du-Lac, Terrebonne…), ou viennent du nom des acteurs de l’histoire locale (Champlain, Louiseville, Verchères…)  

Enfin, deux mots sur la toponymie des rues : nous avons remarqué certaines redondances, un peu comme en France avec « rue de la République », « avenue de la résistance, du 8 mai, Victor Hugo… ». Au Québec, ceux qui revenaient le plus souvent à nos oreilles étaient ceux des grands noms de l’histoire, depuis le débarquement des colons (Jacques Cartier, La Violette, Champlain…) jusqu’à la dernière décennie (René Lévêque) en passant par Tashereau (homme politique mort dans les années 1950). Dans les petites villes on trouve aussi beaucoup de noms de rues se référant à leur propre localisation: rue de la rivière, de la falaise, etc. Inutile de le préciser : vous vous doutez bien que beaucoup beaucoup beacoup d’artères intra-urbaines commencent par le préfixe « Saint » !

 

         Voilà les idées principales sur la toponymie québécoise, simplement à l’aide d’une carte routière, de deux vélos, et après de nombreuses rencontres qui nous ont aidé à identifier certaines généralités…

 Autre chose : lorsque la rue présente un dénivelé, elle ne sera plus considérée comme « rue » mais comme « côte » (exemple : la Côte Sainte-Catherine où nous avons logé à Montréal). Ah oui j’oubliais ce détail qui m’a amusée : lorsque des Québécois nous donnaient leur adresse, ils ne disaient jamais le mot « rue » qui semble sous-entendu chez eux. En gros, on nous disait : « j’habite au n°45 de la falaise ».

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6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 14:10

C’est étonnant : la plupart des québécois que nous avons rencontrés sur notre chemin sont persuadés que nous, français et autres européens, percevons leur population autochtone affublée de plumes et de peintures de guerre, prêts à scalper le blanc étranger. Or il n’en est rien, je ne sais pas pour vous, mais j’ai toujours imaginé les indiens du nouveau monde comme de personnes plus ou moins intégrées à la société nord-américaine, invisibles parmi la population ou seulement au teint plus bronzé, souhaitant simplement que leur culture ancestrale ne soit pas perdue…


…De nos jours :

            Pour faire une présentation générale, je vous recopie des infos intéressantes, que j’ai trouvé dans un document de la Société Touristique des Autochtones du Québec… ceci est un résumé du résumé, alors si vous souhaitez plus d’indications, faites-moi signe ! 
  Le Canada recense 612 communautés autochtones, soit 670 000 autochtones, appartenant à onze grandes familles linguistiques.

  Au Québec, on compte environ 83 000 autochtones et Inuits, représentant onze groupes distincts (10 amérindiens et les inuits), et 55 communautés autochones.

  Ces communautés sont réparties en trois familles linguistiques :

            - Les Algonquiens: de tradition nomade. Ils regroupent les huits groupes suivants : les Abénaquis, les Algonquins, les Atikamekw, les Cris, les Innus (Montagnais), les Malécites, les Micmacs et les Naskapis, comprenant 37 communautés.

            - Les Iroquoiens : semi-sédentaires, ils occupaient principalement la plaine du Saint-Laurent. IL s’agit de deux nations : les Hurons-Wendat (une seule communauté) et la Mohawk (3 communautés).

            - Les Inuits : leur territoire s’étend au-delà du 55è parallèle, dans la région québécoise du Nunavik, paysage de toundra arctique. Ils sont organisés en 14 municipalités, toutes du même groupe linguistique.  

(pour agrandir la carte, cliquez sur le lien: http://www.staq.net/nationfr.php          Chaque communauté se démarque par une langue, une culture et une histoire. Tous restent très attachés à leurs traditions et à leur territoire originel tout en s’étant parfaitement adaptés au monde moderne ; leur empreinte est notamment laissée à travers la toponymie(les noms) des villes, des rivières, des lacs ou des montagnes. 

…En territoire abénakis…

            Arrivées à Pierreville, nous nous sommes rendues à Odanak, 295 habitants, seule réserve d’Abénakis avec Wolinak. Il s’avère que ces lieux sont identiques aux autres places du Québec, tout comme la population : leur origine n’est pas marquée sur leur visage. Seulement, pour marquer les lieux de leur originalité, nous avons pu apercevoir de-ci de-là quelques signes : une enseigne de magasin un peu stylisée, un poteau peint en totem dans un parc, un grand tipi en guise de décoration dans le jardin près de l’église, le musée des Abénakis résumant leur histoire, leur culture et valorisant les initiatives artistiques actuelles, et enfin une église comme toutes les autres au Québec, se démarquant par une décoration intérieure rappelant les valeurs des Abénakis.

 

           Le musée d’odanak fut le premier musée amérindien ouvert au Québec. pour voir une autre carte: http://www.nunavik-tourism.com/francais/accueil.html (allez dans le menu "inuits" puis dans "villages"
Lise, qui nous avait acueillies à Baie-du-Fèbvre, et la guide du musée d'Odanak, nous ont expliqué par quelques exemples le statut social des autochtones du Québec: ceux-ci sont dispensés de la taxe sur les achats (15%, nous aussi on l'a payée!)par simple présentation de leur carte d'identité attestant de leur origine. Il possèdent des avantages dans la construction (par exemple, le gouvernement finance les fondations de la maison, jusqu'à 5000 $can. si je me souviens bien), et dans les activités commerciales: certains indiens montent un restaurant ou un magasin à l'extérieur de la réserve, où ils pourront vendre leurs produits moins chers que dans les autres commerces québécois (n'ayant pas de taxe à payer), ce qui pose quelques problèmes de concurrence déloyale du point de vue québécois. Actuellement, toutes ces mesures sont sujets de débats; en effet, elles servaient au départ à aider ces peuples à s'intégrer dans la société "blanche", ce qui est globalement accompli. Je n'ai pas eu le point de vue d'un autochtone sur la question, mais je crois qu'ils apprécient cette situation, alors que la plupart des québécois y voient une injustice...
 

Les Abénakis forment la grande famille Wabanaki (« peuple du soleil levant »). Leur territoire s’étend des côtes atlantiques de la Nouvelle-Angleterre jusqu’aux vallées du Saint-Laurent et du Richelieu, entre la forêt boréale des chasseurs Atikamekw et innus au nord, les terres des poeuples Iroquois à l’ouest, et celles des Micmacs à l’est. Les différents groupes Abénaquis se définissent souvent par les rivières qu’ils empruntent. A l’origine, ils vivaient en Nouvelle-Angleterre, mais leur peuple a été déplacé au XXVIIè siècle. Cette communauté compte aujourd’hui 1 965 membres, dont 20% habitent Odanak (« chez nous ») ou Wolinak (« la baie »). La langue n’est parlée que par quelques personnes âgées, mais tous utilisent le français.
 
( le territoire abénakis en vert) 















… Les Inuits… 
           D’accord, nous ne sommes pas allées aussi loin vers le nord avec nos pauvres vélos, mais nous avons rencontré lorsque nous étions à Shawinigan (étape la plus septentrionale de notre itinéraire !), Solange, la meilleure amie de Sœur Madeleine, qui travaille à Kangiqsujuaq, « la grande baie », avec un peu d’entraînement on le prononce très bien ! 572 habitants, quatre heures d’avion, et il faut changer d’avion entretemps!… alors il est un peu normal que nous évoquions les principaux traits du peuple Inuit, d’autant plus que nous avons eu l’occasion à Montréal d’aller visiter une galerie d’art inuit, si particulier… Et puis il ne faut jamais perdre une occasion de s’instruire, alors tant qu’à faire…Au Nunavik (« la très grande place où l’on vit »), alors que son mari enseigne, Solange nous a expliqué qu’elle s’occupait de l’insertion sociale des femmes de la communauté. Par exemple, certaines produisent divers objets d’artisanat, dont quelques échantillons nous ont été offerts : ce sont des sortes d’amulettes, ou portes-clés (on peu en faire ce qu’on veut), des petites paires de bottes inuites décorées de perles et faites à base de peau de caribou et de poils de phoque. Nous sommes chanceuses, car on trouve ce genre d’objet dans le commerce à des prix peu abordables! 
 

 

 

Le peuple Inuit en quelques mots :

            Les Inuits occupent les terres arctiques du détroit de Béring jusqu’au Groenland, terres des caribous, de l’ours blan, des phoques et des baleines. Aucune route ne relie cette région lointaine au sud du Québec, seul l’avion est employé, et sur place, les Inuits ont ajouté la motoneige au traîneau à chiens (« quimutsik ») et au kayak. Depuis des millénaires, les inuits ont adapté leur mode de vie et leurs coutumes aux rigueurs du climat, à la faune et à la flore conséquentes. Afin de lancer son essor économique, le peuple inuit signa en 1975 la Convention de la Baie-James et du Nord québécois avec le gouvernement. Les villes se sont ainsi modernisées, et les Inuits vivent notamment de l’exportation de produits issus du caribou et de l’omble chevalier (un poisson de la famille des saumons), de l’alimentation et du transport aérien.

            Anciennement appelés Esquimaux (« mangeurs de viande crue »), on les nomme aujourd’hui Inuits : « homme, être humain ». Ils sont 9 145, répartis dans 14 villages principaux. Ils parlent l’inuktitut et utilisent l’anglais et le français.

(un inukshuk : ces pierres empilées, aux allures humanoïdes servent de repères de localisation dans les grands espaces du Nunavik. Ils sont perçus comme portes-bonheur, et l'on retrouve ce motif dans divers objets tels que des pendentifs, etc. A côté, cette sculpture d’ours polaire est un exemple parfait de l’esprit artistique inuit)   

 

 

 

 

            

(vue de Kangiqsujuak où travaille Solange avec son mari la majeure partie de l’année. J’ai chopé la photo sur internet, vous vous en doutez bien !)

 Site intéressant: tourisme au Nunavik.

 

 

 

 

 

 

 

 

        
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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 18:55

Donc quand nous sommes arrivées, nous avons pu loger chez les dominicaines : c’est un très grand bâtiment à vocation d’accueillir les personnes très âgées, dont nous occupions une cellule au cinquième étage ; les vélos étaient stockés dans un couloir sombre du sous-sol...

Lors de notre étape, nous nous sommes renseignées sur la ville et ses politiques, dont je vous propose un résumé dans cet article…

            Ceux qui ne s’intéressent pas à l’aménagement du territoire, vous êtes autorisés à passer cet article.

Le nouveau visage de Québec :

Nous sommes allées  recueillir de nombreuses informations au centre d’interprétation de l’Hôtel de Ville, qui fait office de forum de l’urbanisme, et qui présente l’ensemble des politiques municipales et d’aménagements. L’exposition est présentée ainsi :

            « Le 1er janvier 2002, la ville de Québec, qui compte près de 400 ans d’histoire, se pare de nouveaux atours. Fruit d’une réforme municipale, la ville nouvelle englobe maintenant Québec et ses anciennes banlieues, couronnant un processus continu d’intégration et de développement. Québec, ville nouvelle mais riche d’histoire, mérite qu’on la fasse nôtre. Ses caractéristiques, ses arrondissements, ses lieux de culture et de patrimoine et ses défis… voilà quelques traits que l’on vous invite ici à découvrir… »

            A près tout, la connaissance d’une ville, outre la visite des lieux incontournables, passe aussi par la conscience de son évolution…

            Donc, depuis 2002, la ville est organisée en huit arrondissements, regroupant des milieux très différents, urbains ou ruraux : Beauport, Charlesbourg, La Cité, La Haute-Saint-Charles, Laurentien, Les Rivières, Limoilou, et Sainte-Foy–Sillery.

 

 

 

                   L’objectif de ces arrondissements est de « préserver ces diverses identités et d’offrir des services directs à la population ». Ceux-ci regroupent des quartiers démarqués ; par exemple, le cœur de la ville se situe autour du Cap Diamant, et est constitué de trois centres : l’arrondissement historique de Québec, la colline parlementaire et le quartier Saint-Roch.

Les aménagements :

            Dans cette exposition étaient expliqués les principaux projets d’aménagements au sein de la ville, de manière à ce que chaque citoyen puisse en comprendre le déroulement, l’utilité, et la vision des aménageurs à long terme.

- La renaturalisation de la rivière Saint-Charles (c'est le seul que l'on développe un peu ici):

 

 

 

 

 

«  la rivière prend sa source dans le lac Saint-Charles, et se jettes 30 km plus loin dans le fleuve Saint-Laurent. Elle coule au milieu d’un bassin riverain de 350 000 habitants, soit le plus peuplé du Québec après celui de la rivière Ouatouais. Malheureusement, la rivière Saint-Charles est très dégradée. Au Québec, elle est la plus dégradée en coliformes fécaux. La présence de cette pollution s’explique par les débordements d’égoûts qui surviennent directement dans la rivière lorsqu’il pleut. »

Il est prévu de construire des bassins de rétention d’eaux usées (d’une capacité d’au moins 100 000 m3), mais aussi de réaménager les berges de cette rivière à des fins de loisirs (pistes cyclables, espaces verts).

 

 

 

 ( le réseau unitaire d’égoûts)

 

 

 

 

  

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- La reconstitution de l’ilôt des Palais :

On y trouve parmi les édifices les plus prestigieux de la Nouvelle France, lorsque la France reignait sur une bonne partie de l’Amérique ; s’y administraient la justice, la finance et le commerce, c’était un lieu majeur d’activités et de pouvoir. Ce site s’est peu à peu ruiné depuis les bouleversements politiques et historiques, notamment l’invasion américaine de 1775. Depuis, des industries se sont implantées, et seules quelques fouilles archéologiques témoignent de ce riche passé. Depuis les années 1970, la ville rachète peu à peu la place, et, dans l’attente d’une mise en valeur digne, utilise les lieux à des fins municipales (services publics, casernes…), et y a placé un musée d’histoire et d’archéologie, ainsi que l’école de fouilles de l’Université Laval. Ce quartier est le plus délaissé de la vieille ville, et c’est à l’occasion du 400 ème anniversaire de Québec que sa revitalisation est programmée.

 

- La promenade Samuel-De-Champlain :

Le fleuve Saint-Laurent est devenu, malgré sa classe internationale, un lieu difficile d’accès. La baignade est interdite sur la plupart des portions du fleuve, et la promenades le long des berges sont quasiment impossibles. Le projet d’une promenade Samuel-De-Champlain prend ici un statut de démonstaration, à des fins de requalification de l’essentiel des bords du fleuve. L’objectif est de « redonner le fleuve aux Québécois », par l’aménagement d’une promenade sur la plage, la possiblilité de baignades, la mise à l’eau de kayaks ou de canots à glace, l’observation des oiseaux migrateurs, la pêche, les excursions en voilier, ou à vélo. Ce projet représente une requalification des berges sur une distance de 12 km, et implique un élargissement du boulevard Champlain, « coincé » entre la falaise et le fleuve ; il mettrait en valeur plusieurs facettes de la villes de Québec, à savoir un paysage d’abord urbain, mais aussi portuaire, résidentiel, champêtre ou maritime. Dans chacune de ces « ambiances », différents critères sont mis en avant et seront travaillés : il s’agit de la topographie des lieux, mais aussi de l’ocupation du sol, du tracé et de la géométrie du boulevard, de la qualité et de la densité de la couverture végétale, de la configuration et de l’inclinaison de la pente et de la falaise, et des terrains disponibles et vacants. Une multitude d’enjeux viennent approuver ce projet. Cependant, quelques difficultés surviennent, comme l’absence d’un plan directeur de protection et de mise en valeur des espace verts de la ville de Québec, ou encore l’inter-municipalité du projet, des interventions privées, des intérêts contradictoires ou des malentendus entre les différents responsables(pour resituer les berges du Saint-Laurent au sein de la ville de Québec…(sur le boulevard Champlain : cette photo prise depuis la piste cyclable (eh oui !) montre bien que le peu de constructions est coincé entre la zone plane occupée par la route, et la falaise, derrière laquelle se situent les quartiers résidentiels de la ville. La défi du projet de la promenade Samuel-De-Champlain serait de gagner de cet espace constructible rare, en empiétant sur le Saint-Laurent, et en diminuant si possible le dénivelé en certains endroits)

 (le fonctionnement des bassins de rétention d’eaux usées)

 

 

 

 

      Difficile de résumer cette double étape…  Entre notre séjour en lui-même, les visites, les spécificités de la ville, ses touristes, ses projets d’aménagements ou la fête des la Nouvelle France (que nous avons ratée de peu d’ailleurs…). Le mieux serait de vous donner notre seul aperçu : vous trouverez facilement le reste sur le site de la ville ou sur le portail touristique de la région de Québec., ou encore le guide des musées de la ville.

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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 16:30

Protection et mise en valeur de l’environnement naturel

Les espaces protégés :

Les parcs nationaux :

         Depuis 1977, la Loi sur les Parcs permet de protéger les 23 parcs nationaux du Québec pour les générations actuelles et futures. Par exemple, le parc de la Yamaska a été créé en 1983, et celui de la Jacques Cartier en 1981. Depuis 1999, la gestion des parcs nationaux a été transférée à la Sépaq (Société des Etablissements de Plein Air du Québec) ; tous les revenus annuels générés pas la tarification d’accès et par les activités et services permettent de remplir la mission des Parcs Québec. Celle-ci s’exprime à travers la présence des équipes dédiées sur le terrain, l’offre d’activités de découverte et de sentiers pour sensibiliser les visiteurs aux valeurs environnementales, le programme scolaire, l’application du programme de suivi de l’intégrité écologique, etc…

(Carte des réserves fauniques gérées par la Sépaq)

          Tous les parcs nationaux du Québec ont été créés en vertu des standards de l’Union internationale pour la conservation de la nature, selon les critères suivants :

 

 

v      Une aire relativement vaste qui présente un ou plusieurs écosystèmes généralement peu ou pas transformés par l’exploitation.

v      Où les espèces animales et végétales, les sites géomorphologiques et les habitats ont un intérêt particulier du point de vue scientifique, éducatif ou récréatif, ou qui offre un paysage d’une grande beauté.

v      Dans laquelle la plus haute autorité compétente du pays a pris des mesures  pour éliminer l’exploitation et pour y faire respecter les ensembles écologiques, géomorphologiques ou esthétiques.

v      Dont la visite est autorisée, sous certaines conditions, à des fins éducatives, culturelles ou récréatives.

         En conclusion, la politique de gestion des parcs nationaux s’efforce de suivre ces trois objectifs : conserver, protéger et découvrir.

Les aires marines :

         Le territoire canadien possède le plus long réseau côtier au monde, soit 243 000 km, répartis autour de trois océans (Pacifique, Arctique et Atlantique), et 9 500 km le long des grands lacs. Le Canada est à lui seul le plus grand réservoir d’eau douce de la planète. En tout, on compte au Canada 5 millions de km² d’étendues d’eau. Celles-ci présentent différents climats et éléments géologiques, variant parfois sur de très courtes distances, à l’origine d’une diversité biologique incontestable.

         Les parcs nationaux marins du Canada, océaniques ou en eau douce, sont gérés au niveau fédéral par les politiques des AMNC (Aires Marines Nationales de Conservation). Ainsi, le patrimoine naturel concerné est divisé en 29 régions marines, dont chacune possède des caractéristiques physiques, biologiques et océanographiques de la région, chacune représente un exemple distinct et représentatif. Elles comprennent aussi des estuaires, îles et terres côtières. Bien qu’elles possèdent des limites clairement définies, les AMNC restent des espaces ouverts où l’eau et la faune sont toujours en mouvement : toute évolution extérieure proche ou lointaine est susceptible d’agir sur ces AMNC. Une collaboration entre  les localités côtières, les populations autochtones, les parties intéressées (par exemple les sociétés de croisières) et les autorités gouvernementales est donc indispensable, afin d’atteindre l’objectif global d’un réseau d’AMNC dynamiques, conciliant une politique de protection, mais aussi la gestion des loisirs, de la pêche et de la navigation commerciale, car les espaces marins ont joué et jouent encore un grand rôle dans l’histoire, l’économie et la richesse naturelle du pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Les milieux humides :

         Lorsque nous nous sommes arrêtées à Sorel, nous avons visité son musée du patrimoine qui présentait une exposition sur le lac Saint-Pierre et sur la protection des milieux humides. Nous y avons appris quelques définitions ainsi que les enjeux de la protection de tels milieux…

(image satellite du lac Saint-Pierre)

 

 

 

 

 

 

 

 (image satellite de l’archipel du lac Saint-Pierre)

        La Convention RAMSAR : convention internationale relative aux zones humides d’importance mondiale, du nom de la ville d’Iran où elle a été adoptée en 1971, et visant la protection des terres humides à l’échelle mondiale. C’est le seul traité environnemental qui soit consacré à un écosystème particulier. Aujourd’hui, 106 Etats font partie de la convention Ramsar et protègent 896 sites d’importance sur une superficie de 67 495 424 hectares, soit plus de 67 000 km². Quatre sites sont reconnus par la convention Ramsar au Québec : la réserve nationale de la faune du Cap-Tourmente, le baie de l’Isle-Verte, le lac Saint-François et les terres humides du lac Saint-Pierre (depuis le 25 mai 1998). 

 

Les milieux humides :

         ils constituent des zones de transition entre les milieux aquatique et terrestre. Il s’agit d’un plan d’eau peu profond (entre 10 et 100 cm d’eau) dont le faible débit ou l’absence de courant persiste suffisamment longtemps durant l’année pour permettre l’établissement de plantes aquatiques ou tolérantes aux sols gorgés d’eau. Leur nappe phréatique se trouve tout près du niveau du sol, ce qui favorise l’accumulation d’eau. A la fin de l’été, ils s’assèchent et atteignent leur niveau d’eau le plus bas (l’étiage).

Avec les forêts tropicales, les milieux humides sont les écosystèmes les plus productifs. Parce qu’ils profitent à une multitude d’espèces végétales ou animales, ils occupent une place majeure dans la conservation de la biodiversité. Ils fournissent nourriture et abri à de nombreuses espèces fauniques, oiseaux, mammifères, poissons, amphibiens, et à des milliers d’invertébrés.

Les différents milieux humides :

v      Le marais: il est dominé par des plantes herbacées émergentes (quenouille), et autres espèces de plantes flottantes ou submergées. Il contient beaucoup trop d’eau pour permettre aux arbres de pousser, jusqu’à 2 mètres lors des crues printanières. Le niveau d’eau moyen varie entre 15 cm et 1 mètre. Les arbres et arbustes présents recouvrent moins de 25 % de sa superficie.

v      L’herbier aquatique: on y retrouve une végétation submergée, flottante et à feuilles flottantes. La profondeur de l’eau est généralement supérieure à 2 mètres.

v      La prairie humide est occupée par une végétation herbacée graminoïde. Au printemps, la profondeur de l’eau se situe entre 15 et 30 cm. En été, l’eau est au même niveau que le sol.

v      Le marécage est une zone arbustive, petit boisé ou forêt mature (les arbres recouvrent plus de 25% de cet espace), inondée périodiquement ou en permanence. Les arbres y poussent car cette zone est plus sèche que le marais. L’eau y est stagnante ou en écoulement lent.

v      L’étang est une petite dépression inondée bien délimitée. Aucun cours d’eau ne s’y déverse mais une petite décharge peut y être présente.

v      La tourbière est dominée par la mousse de sphaigne (tourbe) ; son taux d’accumulation de matière organique est nettement supérieur au taux de décomposition. Ce sont des milieux pauvres en nutriments car très acides, c’est pourquoi on y trouve plusieurs plantes carnivores (qui se nourrissent d’insectes).

Des milieux vulnérable : on estime que 80% des milieux humides du Canada ont disparu ces 50 dernières années. Cette vulnérabilité est principalement liée à l’étalement urbain et au développement des terres agricoles. Le drainage, le remblayage et la pollution ont entraîné leur perte.

Les rôles des milieux humides :

Filtre : Véritables usines d’épuration naturelle, les plantes et l’activité microbienne captent les matières polluantes (exemple : les nutriments excédentaires provenant des fertilisants agricoles, les pesticides ou coliformes), et filtrent ainsi en grande partie l’eau. La qualité de l’eau se trouve donc grandement améliorée par la présence des milieux humides.

 

Eponge : les milieux humides ralentissent le débit et diminuent l’effet des périodes de sécheresse.

Barrière : Le débit des cours d’eau est ralentit, permettant aux sédiments en suspension de se déposer ; l’érosion des berges est diminuée, l’effet des crues est ralenti et le sol est stabilisé (par les racines). 

Refuge : les milieux humides accueillent de nombreuses espèces végétales et animales ; ces dernières y trouvent abri, nourriture, repos ou site de reproduction (particulièrement pour les canards et oies).

 

A propos des oiseaux :

ZICO (Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux): En 1985 , l’organisme Birdlife International lançait en Europe, le programme des ZICO. Les sites ZICO de l’archipel du lac Saint-Pierre constituent des aires de concentration abritant un nombre d’oiseaux représentant au moins 1% de la population nationale, continentale ou mondiale, que ce soit lors de la nidification, de la migration ou de l’hivernage. Au Canada, le programme ZICO est supervisé par les organismes suivants : Birdlife International, FCN (Fédération Canadienne de la Nature), UQCN (Union Québécoise pour le Conservation de la Nature).

Les espèces d’oiseaux bio-indicatrices au lac Saint-Pierre: elles fournissent des indications sur l’état de l’environnement. Ainsi, la diminution de la population de Goglu et de Sturnelle des prés au Québec est une conséquence de la coupe plus hâtive des foins qui détruit leurs nids. De plus, les grands champs de maïs cultivés à perte de vue ont fait disparaître leurs sites de nidification. Par contre, la culture du maïs a permi d’attirer d’avantage de Tourterelles tristes. L’état de dégradation de l’environnement peut être estimé en vérifiant le degré d’intoxication des oiseaux (Grand Héron, Cormoran à aigrettes) en BPC, en mercure ou en plomb par des prélèvements sanguins et en examinant les plumes des jeunes ou les œufs.

 

 

 

 

 Quelques définitions :

Bioaccumulation : désigne le phénomène de concentration des substances toxiques chez les espèces prédatrices.

Biodiversité : variété des êtres vivants sur la Terre.

Bassin versant : unité géographique qui couvre l’ensemble du territoire drainé par un cours d’eau principal et ses affluents.

Quelques données sur le lac Saint-Pierre : Près de 4000 navires à fort tonnage utilisent chaque année la voie maritime du Saint-Laurent pour se rendre vers Montréal et les grands Lacs. Entre 1854 et 2001, la profondeur est passée de 5 mètres à 11,3 mètres et la largeur de 75 à 245 mètres. En dehors de ce couloir de circulation, la profondeur du lac Saint-Pierre varie seulement de 1 à 3 mètres. Les dragages réguliers de ce chenal artificiel construit en 1953 maintiennent sa profondeur à environ 10,3 mètres ; un seul mètre de haut-fond dragué dans le lac Saint-Pierre soulève des tonnes de sédiments et de dollars ! On évalue entre 20 et 25 000 m3 le volume de sédiments dragués dans le lac chaque année. Seuls repères de ce passage obligé entre la mer et les grands lacs, des bouées de navigation rouges et vertes incitent les gros bateaux à se faufiler entre deux îles, et surtout à ne pas abandonner cette voie, risquant l’ensablement dans les vastes herbiers du lac si peu profond.

 (coupe dans la largeur du lac Saint-Pierre)

 

 

  On dénombre plus de 300 espèces d’oiseaux autour du lac Saint-Pierre, dont 50 aquatiques. Les terres humides de la région de l’archipel du lac Saint-Pierre reçoivent un peu plus de 50% des espèces d’oiseaux rencontrées au Canada. La protection de cette précieuse ressource s’avère donc une priorité. Le développement durable, qui tient compte du maintien de la qualité de l’environnement, permettra de conserver en bon état l’imposante biodiversité caractéristique de la région. 

 

         Le lac Saint-Pierre est reconnu par l’UNESCO dans le cadre de son programme L’Homme et la biosphère, comme territoire représentatif d’un des pricipaux écosystèmes du globe. Ces espaces doivent comporter des superficies intactes côtoyant des lieux utilisés par l’homme. En 1999, 300 réserves de la biosphère étaient recensées sur 85 pays. En 2002, on en comptait 10 au Canada.

Morphologie de l’archipel du lac Saint-Pierre : en amont, les glaces et les eaux de crue buttent contre les îles, arrondissent leur tête, les érodent. En aval, le fleuve ralentit sa course et charrie des quantités de matériaux plus fins. La queue des îles s’allonge, se perd ou disparaît dans les battures, marais et marécages du lac Saint-Pierre. Le relief des îles s’abaisse de l’amont vers l’aval. En amont, les îles s’élèvent en moyenne à 4,3 mètres au-dessus du niveau de l’eau, alors qu’en aval elles s’élèvent à 2,1 mètres.

  (vue du lac Saint-Pierre depuis Sorel)

 

 

 

 

 

 

 

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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 19:01

Les ressources énergétiques au Québec

L'énergie électrique

         Nous avons eu l'occasion de nous rendre jusqu'à la Cité de l'Energie située à Shawinigan, à côté de la centrale de Shawinigan-2. Là-bas, nous avons pu apprendre les secrets de l'hydroélectricité, de l'histoire de l'utilisation de la puissance de la rivière Saint-Maurice, jusqu'à l'arrivée de l'électricité dans les foyers québécois...

         Il faut savoir que l'électricité est la première source d'énergie utilisée au Québec, avant le pétrole et le gaz. Celle-ci est produite à faible coût grâce à une richesse naturelle incontestable au Québec: l'eau. En effet, 1/10è du territoire québécois est recouvert de nappes d'eau douce. L'électricité est presque entièrement produite par la société Hydro-Québec (83 centrales) et place le Québec en 4è position sur le plan mondial (derrière les Etats-Unis, le Brésil et la Russie). Pour montrer l'importance de l'hydroélectricité au Québec, notons que seuls 6% de l'énergie disponible sont produits grâce au pétrole et à la seule centrale thermique de la province (Gentilly-2).Toute cette énergie issue de l'eau est distribuée grâce à un réseau de plus de 30 000 km, et reste la moins chère et parmi les moins polluantes, sans oublier qu'il s'agit d'une source renouvelable.

 1 - L'énergie : celle-ci correspond au volume d'eau × hauteur de chute  et s'exprime en kwatt/heure ou watt/seconde ou joule selon la quantité d'énergie car elle résulte d'une certaine durée de fonctionnement (c'est la puissance qui est mesurée en watts, kwatts ou megawatts).

         Il faut donc évaluer le potentiel hydraulique du cours d'eau sur lequel on veut installer la centrale : celui-ci dépend du débit annuel du cours d'eau, et de sa dénivellation. Il faut aussi établir la capacité du sol à supporter l'ouvrage de génie civil. 

         Ainsi, le débit de la rivière Saint-Maurice qui variait de 1500m3/seconde en période de fortes crues à 165m3/seconde en période d'étiage a été régularisé à environ 700m3/seconde avec l'implantation du barrage.

 

 

 

2 - Le barrage : La construction d'un barrage procure hauteur et débit nécessaires à la production d'énergie, en permettant d'accumuler de grandes quantités d'eau. Le débit est contrôlé grâce à un système de vannes (3 sur le schéma) qui apporte la quantité d'eau nécessaire. Cette eau est dirigée vers des conduites forcées, c'est-à-dire de grandes canalisations et vont la mener sur plusieurs roues hydrauliques, ou turbines (5). L'eau devient alors une énergie mécanique : elle fait tourner la turbine, qui enclanche la rotation du pilier central, « l'arbre », celui-ci fera tourner un alternateur : c'est une roue recouverte d'électroaimants qui lorsqu'elle tourne va les faire se frotter aux parois immobiles recouvertes de plaques de cuivre ; ce mouvement fait vibrer les électrons et génère ainsi un courant électrique.

          On trouve des turbines horizontales ou verticales (selon la position de « l'arbre »). L'utilisation de turbines verticales (comme sur le schéma) est plus récente et procure plus facilement de l'énergie (pour une turbine horizontale, l'eau doit venir d'en-dessous, et nécessite donc plus de force pour une production égale).

 

 

 

 

 

 

L'eau une fois « exploitée » est relâchée via les évacuateurs (d'immenses conduites) et peut suivre son cours...

 

3 - Le voyage de l'énergie :

maintenant qu'un courant électrique a été créé dans l'alternateur, celui-ci doit pouvoir parvenir jusqu'à l'ampoule du salon...

Depuis l'alternateur de la centrale hydroélectrique, l'électricité passe par un ensemble de réseaux (pylones et câbles conducteurs) et de postes (stratégiques ou satellites) pour être distribuée jusque dans les maisons via un transformateur et un système de raccordement.

Pour plus de détails sur l'organisation du réseau et son fonctionnement, je vous renvoie au site d'hydro-Québec qui est très bien fait, et explique tout de A à Z avec schémas et animations. (c'était l'encart de pub !)

 

 

     A la cité de l'énergie, nous avons eu l'occasion d'aller visiter la centrale Shawinigan-2.

 

 

 

 

Celle-ci fonctionne encore, grâce à 5 turbines horizontales et 3 turbines verticales.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'eau utilisée à Shawinigan-2 ressort par deux évacuateurs de crues situés de chaque côté de l'île Melville. L'évacuateur Almaville mesure 10,7 mètres de haut et 152,4 mètres de long. L'évacuateur Melville, le principal, est long de 219,5 mètres pour une même hauteur.  

 

Bref Historique de la centrale : Shawinigan-2 fut fondée en 1898 par des hommes d’affaires américains et canadiens. La Shawinigan Water and Power Company entreprend l’année suivante l’aménagement du site des chutes de Sawinigan en vue de la production massive d’électricité. Elle construit entre 1899 et 1949 trois centrales : Shawinigan-1, Shawinigan-2 et Shawinigan-3. Les industries qui sont venues s’implanter à proximité ont, quant à elles, construit les centrales Northern Aluminium Company et Alcan-16.

            La mise en service de Shawinigan-2 remonte à 1911. Parmi les grandes réalisations du génie hydroélectrique québécois, cette centrale témoigne de façon spéctaculaire la grande épopée industrielle de Shawinigan au XXè siècle. Shawinigan est la plus ancienne centrale hydroélectrique qu’exploite Hydro-Québec en Mauricie. Avec la centrale de Shawinigan-3, elle a été l’objet de travaux de réfection entre 1994 et 2000 afin de restaurer et moderniser ses équipements de production.

(plan de la centrale Shawinigan-2)

 

 

 

 

 

  

Les chutes de Shawinigan sont à l’origine des activités implantées dans les environs : c’est de leur force naturelle que l’on extrait de l’énergie, favorable au fonctionnement de certaines industries telles que la fabrication de pâte à papier, les alumineries, etc…  

 

 

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